Pannessières (2012) « Nicolas Vernot



Pannessières (2012)

Les armoiries de Pannessières, composition de Nicolas Vernot

Les armoiries de Pannessières, composition de Nicolas Vernot

La commune de Pannessières n’a jamais eu d’armoiries par le passé. La présente composition a été adoptée à l’unanimité par le conseil municipal par délibération du 24 mai 2012. Associant tradition et modernité, ces armoiries mettent en image l’identité de la commune en puisant à la fois dans son passé et dans son présent.

BLASONNEMENT

Le blasonnement est la description en langage héraldique des figures et couleurs de l’écu.

Coupé emmanché de deux pièces engrêlées d’azur sur une et deux demies de sinople, au filet sur le trait de partition, d’argent, tréflé de même aux pointes des deux pièces d’azur : au premier chargé d’une couronne de huit épis de millet d’or, ployés sur leur dextre et adossés, la tige de chaque épi brochant sur celle de l’épi qui le précède, la couronne mouvant de la pointe de sinople ; au second chargé d’une serpette à tailler la vigne d’argent emmanchée d’or, ayant pour poinçon un flanchis de sable.

Devise : PAX NOBISCUM

Soutiens : deux jonquilles d’or tigées et feuillée chacune d’une pièce de sinople passées en sautoir derrière l’écu, les fleurs adossées.

SYMBOLIQUE

Les épis de millet stylisés rappellent l’étymologie du nom de la commune. En effet, tout comme Pennessières en Haute-Saône, Pannessières désigne à l’origine un lieu où l’on cultivait une céréale dénommée panais ou panil, « millet à grappes » (en latin : panicium).

Ces épis sont assemblés de manière à former un soleil qui semble se lever derrière le sommet des collines qui dominent le village, dont la Pierre à Dieu, stylisée au centre; la découpe en festons souligne que ces collines sont boisées.


Comme ces collines sont à l’est de la commune, on a donc un soleil levant, symbole d’espoir et d’avenir radieux.


Dans la partie inférieure, la serpette de vigneron évoque les vignes qui s’étendent au pied du village. Plutôt qu’une banale grappe de raisin, c’est un authentique élément du patrimoine local dont on a repris le dessin : en effet, cette serpette figure sur les armoiries qu’une famille vigneronne a fait sculpter sur sa dalle funéraire, dans l’église, en 1677, soit un an avant le rattachement définitif de la Franche-Comté à la France. La présence de cette serpette sur le blason communal constitue un hommage aux vignerons d’antan qui ont donné au village son aspect caractéristique.

armoiries vigneronnes, pierre tombale de l'église de Pannessières

armoiries vigneronnes, pierre tombale de l'église de Pannessières

Sur la lame de l’outil, on a ajouté une marque en forme de croix de saint André (croix en x), ancien emblème comtois que l’on retrouve sur de nombreuses plaques de cheminée par exemple, et qui rappelle l’ancienne domination des Rois d’Espagne et l’appartenance à la Franche-Comté.

La serpette est flanquée de deux petits trèfles qui évoquent les pâturages, tandis que la couleur argent de ces trèfles et du filet ondulé évoque la production laitière destinée notamment au Comté, fleuron de notre patrimoine gastronomique.


Le vert (sinople) évoque forêts, cultures et pâturages.


La devise reprend un graffiti relevé par Pierre Lacroix sur la base du clocher, à côté de la porte : PAX NOBISCUM, “la paix soit avec nous”.


Le fait que la devise soit en latin rappelle également la présence d’une importante villa gallo-romaine à Pannessières, au lieu-dit « en Marcenay ».


De part et d’autre de l’écu, deux jonquilles, figurées de profil pour une meilleure identification, apparaissent en raison de leur importance emblématique locale : le village est en effet réputé pour ses jonquilles, fleurs qui ont donné leur nom à une fête locale, ainsi qu’au club du 3e âge. Elles constituent donc un parfait symbole pour représenter un village accueillant et convivial, où il fait bon vivre ensemble.

SOURCES

Parmi les nombreuses sources consultées, citons :

Stéphane GENDRON, Les noms de lieux en France. Essai de toponymie, Paris, 2003, p. 226.

Pierre LACROIX, Eglises jurassiennes romanes et gothiques, Besançon, 1981, p. 203-204.

Alphonse ROUSSET, Dictionnaire géographique, historique et statistique… du Jura, t. V, Lons-le-Saunier, 1857, p. 28-31.

Gérard TAVERDET, Les noms de lieux du Jura, Fontaine-lès-Dijon, 1986, p. 59.

Sans oublier les nombreuses informations et photographies transmises par M. Claude CHAMOUTON, maire.